BERGER Blanche
CURT Sophie
DELASSUS Claire

L'Âge d'Or.



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Présentation.

L'Âge d'Or est un film écrit et réalisé par Luis Buñuel. C'est un film surréaliste français, en noir et blanc, qui contrairement à son prédécesseur, Un Chien Andalou, n'est pas muet. Sa durée est d'environ 63 min. Réalisé en 1930, il est interdit de projection jusqu'en 1981. Le film fut financé par les vicomtes de Noailles, mécennes de l'aristocratie française, chose plutôt paradoxale quand on sait que les surréalistes critiquent et rejettent vivement la bourgeoisie. Au point de départ, Salvador Dali et Luis Buñuel devaient écrire le scénario ensemble jusqu'à temps qu'apparaissent des divergences de point de vue. C'est ainsi que Buñuel a décidé de l'écrire seul. Le film fut tourné en 20 jours.


Analyse cinématographique.

L'Âge d'Or est proche du film Un Chien Andalou, d'un point de vue technique, mais il est avant tout bien plus accessible que ce dernier, pour cause, une histoire en ressort.
Tout comme Un Chien Andalou, le film comporte de nombreuses fondues au noir (environ 18) réparties tout au long du scénario.
On remarque le rajout de son au montage, mais à environ 42:10 la présence d'un chef et de son orchestre rendent le rajout de son inutile et est donc naturel. La musique répartie dans les différentes séquences du film émane de compositeurs tels que Richard Wagner, Mozart, Beethoven, Schubert et il a y également une chanson traditionnelle espagnole.
Vers 10:00, le mouvement de la caméra est fixe, elle ne suit pas les personnages dans leur ascension et à 19:53 son mouvement est fixe. Tout au long du film la caméra suit donc des mouvements droits.
On peut également remarquer des zoom sur la queue du scorpion, ainsi que sur ses pattes et sur la pointe de sa queue.

Un film surréaliste : éléments filmiques le prouvant.

Un documentaire sur le scorpion ouvre le film. Il n'a pas de rapport direct avec avec l'histoire. On passe ainsi de ce dernier au plan d'un homme au bord de l'eau et on y voit des archevêques, rappelant l'importance de l'Église dans la société.
Puis, sur un autre plan, on y voit l'arrivée en bateau des Majorquains. On aperçoit dans cette assemblée des soldats, des civils et le gouverneur Majorquain. Ceux-ci saluent les archevêques, qui sont passés de matière à ossements en un changement de plan. L'assemblée se rassemble autour d'une pierre et c'est au moment où le gouverneur commence son discours par des paroles d'Évangile qu'il est interrompu par un homme et une femme s'embrassant fougueusement, premier pas vers le thème du désir dans le film. La femme disparait et on la retrouve sur un plan suivant dans une petite pièce sortie dont ne sait où. L'homme quand à lui se fait emmener sur la plage par des policiers et est ainsi séparé de la femme qu'il aime. Puis d'un coup, le plan de la pierre repasse à l'écran pour y afficher qu'à l'endroit où elle se tient est devenue l'Impériale Rome. Il existe une corrélation entre l'arrivée des Majorquains sur la plage au début du film, et l'Impériale Rome telle qu'on la voit, car même si le lieu a subitement changé le temps est le même (l'homme est toujours emmené par les deux policiers on ne sait où et les Marjorquains arrivent). A environ 30:11, l'homme fait tomber un aveugle sans raison apparente, ce qui est un acte gratuit, une des bases du surréalisme. Dans la séquence suivante, la scène se situe dans un château dans les alentours de Rome, appartenant au Marquis de X. Une succession de scène rend la compréhension du scénario compliquée, comme le moment où un père tue son enfant.
Pour finir, c'est par un fondu au noir indiquant que la scène se passe au château de Selliny désormais que Buñuel clôt son film. On peut de nouveau y voir une critique de la société par l'intermédiaire du Duc de Blangis qui n'est autre que la représentation du Christ, suivit de personnages représentant les politiques (1:00:53) et la bourgeoisie (1:00:58). L'image d'une croix est le dernier plan que l'on peut voir, ce qui est de nouveau un rapport avec la religion.

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Interprétation du film.

Entre le documentaire des scorpions incorporé au scénario et la présence incompréhensible de nombreux éléments, il y a une histoire d'amour qui est la base du film. En effet, c'est une histoire traitant de « l'Amour Fou » selon Buñuel. Ces deux jeunes gens s'embrassant sur la plage sont en fait les personnages principaux. Leur histoire est quelque peu simpliste mais quand on sait qu'il s'agit d'un film surréaliste, trouver un tel scénario est quasiment inexistant dans d'autres œuvres d'auteurs.
Le thème du désir physique entre les deux personnages prône sur tout le reste. Ils sont sans cesse empêchés de se retrouver qu'il s'agisse d'obstacles physiques ou bien moraux. En voici quelques exemples :
- La politique : par le biais du discours du gouverneur Majorquain et de l'édification d'une pierre.
- La morale : par l'intermédiaire des et des bonnes manières dont ils doivent faire preuve au château du Marquis de X.
- Le coup de téléphone pour l'homme.
- La fatigue de la femme.
- Le chef d'orchestre arrivant vers les amoureux et sans raison apparente la femme se jette dans les bras de ce dernier ce qui mettra terme à l'histoire d'amour dont ils étaient les acteurs principaux.


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Les fantasmes de l'homme sont très importants : à 22:21 il s'agite devant un homme sandwich qui portait sur lui des jambes nues d'une jeune femme et à 22:54 dans une vitrine la photographie d'une femme l'interpelle et voit la femme qu'il aime. Ce n'est qu'à partir de 42:05 qu'ils se retrouvent et vont dans le jardin. De nouveau, on remarque des instants de désir intense (43:40 à 52:36 environ).

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L'humour est, quant à lui, très présent tout au long du film, par exemple :
- la vache sur le lit de la femme (25:13).
- le ton enfantin que prend l'homme quand il répète ce dont il a été chargé par l'Assemblée Nationale de Bienfaisance.
- la calèche à l'intérieur du salon (32:32).
- l'acte de désir de la femme lorsqu'elle suce de pied d'une statue dans le jardin (47:25).
- l'homme jetant par la fenêtre un archevêque, qui peut être interpréter comme le rejet de la religion (5
7:27), ainsi qu'une girafe qui tombera dans l'océan (57:51).


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Ce film est donc en tout point surréaliste car on y retrouve les thèmes du désir, très présent dans chaque film de Buñuel, de la société cléricale et bourgeoise et l'ajout de scènes dénuées de sens par rapport à l'histoire principale du scénario.