L’Homme qui marche

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On raconte que les trois Mousquetaires étaient en fait au nombre de quatre. Le quatrième était gros, gentil, mais souffrait d'un handicap: c'était que jamais de sa vie, il n'avait réfléchi !


Les ennemis des Mousquetaires les traquèrent et tentèrent des les piéger. Ainsi ils creusèrent un grand fossé couvert de branches. Pour parvenir à piéger le quatrième, ils lui posèrent la question suivante: « Quand tu marches, quel pied avances-tu d'abord: le pied gauche ou le pied droit ? » Le quatrième Mousquetaire n'arriva plus à avancer, car chaque fois qu'il se mettait à marcher, il regardait ses pieds pour savoir quel pied il avançait en premier. C'est ainsi qu'il tomba dans le piège et qu'il mourut.



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L'homme d'Alberto Giacometti ne se pose pas la question de pied droit ou de pied gauche, il marche, décidé, les yeux rivés vers l'horizon. Cet homme qui ressemble à un squelette ne porte pas de signes distinctifs, il est l'homme, l'être humain qui avance vers la lumière, comme des millions d'êtres humains. C'est ce que nous remarquons sur le verso de notre billet national de 100 francs. Sur le recto figure son créateur: Alberto Giacometti (1901-1966), artiste suisse des Grisons dont l'homme qui marche est une de ses sculptures les plus connues au monde

Pour symboliser l'homme, Giacometti modèle un personnage fragile, juste une peau fine qui couvre les os. Les pieds sont ancrés dans le sol et la démarche est assurée, car l'homme marche comme ses semblables pour un monde meilleur.

Cette sculpture d’Alberto Giacometti à été vendue a l’incroyable somme de 64.000.000 £ (104.000.000 $ / 74.000.000 €) à un acheteur anonyme, c’est la sculpture qui vaut le plus d’argent au monde.





Biographie du sculpteur : Alberto Giacometti

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Alberto, fils d’un peintre impressionniste suisse, commence à peindre très jeune et fréquente l’Ecole des Beaux-Arts de Genève. S’installant à Paris en 1922, il suit à Montparnasse les cours de sculpture d’Antoine Bourdelle. Il sculpte alors des œuvres proches de l’abstraction où se sent l’influence des arts primitifs (Femme cuillère, 1926). Rapidement, il se joint aux surréalistes et réalise des œuvres explorant l’inconscient sexuel a
vec souvent beaucoup de violence (Femme égorgée, 1932).

A partir de 1935, l’artiste se concentre sur l’étude de la tête humaine, s’attachant plus particulièrement au regard et commence alors une nouvelle phase esthétique : les membres des figures sont étirés jusqu’à l’extrême, et désindividualisent le modèle, parfois représenté dans l’attitude de la marche, en référence à L’Homme qui marche.

De même, les visages deviennent comme des lames de couteau (Le Nez, 1947). Il peint également des portraits et autoportraits où le regard est perdu dans un réseau de lignes qui emprisonnent la figure.
Après la guerre, son œuvre est saluée dans de nombreuses rétrospectives et obtient un grand succès : il reçoit le prix de sculpture à la Biennale de Venise de 1962, avant de s’éteindre en 1966.



Quelques œuvres majeures :
- Femme cuillère (1926, Zurich, Kunsthaus)
- Homme et femme (1927, Paris, musée national d’Art moderne)
- Circuit (1931, Paris, musée national d’Art moderne)
- Femme égorgée (1932, Paris, musée national d’Art moderne)
- Pointe à l’œil (1932, Paris, musée national d’Art moderne)
- Le Nez (1947, Paris, musée national d’Art moderne)
- Femme debout (1960, Paris, musée national d’Art moderne)
- L’Homme qui marche (1960, Washington, National Gallery of Art)